Ghosts

France 5
01/12/18 ~ 22:30 - 23:40

Oswald Alving laisse derrière lui la vie mondaine parisienne et revient dans sa ville natale en Norvège. Il traite avec ironie les gens qui ne sont pas disposés à communiquer avec lui. Sa mère, qui a mal vécu son départ, est ravie mais comprend avec le temps que son fils a changé. L'un après l'autre, les secrets de la famille, hantée par la figure d'un père disparu, refont surface, pesant de tout leur poids... Critique : Le dramaturge Henrik Ibsen était habitué au scandale, mais lorsqu’il publie en 1881 Les Revenants, la pièce est jugée tellement immorale qu’aucun théâtre norvégien ne veut la monter. Il faudra attendre un an et l’intérêt d’une lointaine scène de Chicago, aux Etats-Unis, pour que le drame en trois actes voie le jour. Aujourd’hui, c’est l’Opéra national de Norvège qui l’adapte en ballet, dans une mise en scène de Marit Moum Aune et une chorégraphie de Cina Espejord. La noirceur de l’œuvre originelle n’a pas disparu du plateau — bien au contraire —, et l’on retrouve le jeune Oswald, artiste de retour de Paris, en proie à l’hypocrisie de la société scandinave et aux mensonges familiaux. Il découvre que la belle Régine, dont il est tombé amoureux, est en réalité la fille cachée de son père mort (et donc sa demi-sœur). Victime et complice des conventions, sa mère a longtemps porté ce lourd secret, qui finira par tout emporter. Marit Moum Aune amplifie l’univers oppressant de la pièce par un impressionnant plateau noir, rehaussé d’un écran géant (mais qu’on distingue à peine) et une musique électro entêtante. Pendant plus d’une heure, les danseurs se débattent dans des duos violents et désespérés, répètent des gestes dont on pressent qu’ils voudraient se débarrasser, quittent leurs costumes comme pour laisser leur passé derrière eux. Mais celui-ci refait inlassablement surface, notamment à travers deux enfants danseurs, fantômes venus hanter ces adultes maudits. La performance ne laisse entrevoir aucun espoir, on en sort soufflé, voire totalement exsangue.