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Canal+
19/04/18 ~ 08:50 - 10:15

En 1989, sur Canal+, surgit une émission d'humour pas comme les autres : un journal satirique présenté par Jules-Edouard Moustic, de son vrai nom Christian Borde. Vingt-cinq ans plus tard, le succès de la formule ne se dément pas. Après la disparition, le 30 mars dernier, de Christophe Salengro, l'un des cofondateurs de ce projet, ses amis et complices lui rendent hommage au cours de cette soirée. Pierre Bellemare retrace l'histoire de cette aventure. A Groland, un pays administré par un président campé par Christophe Salengro, il se passe toujours quelque chose. De quoi alimenter des reportages décalés qui ne manquent pas de reprendre les tics de réalisation des vrais JT. Retour en images sur ce quart de siècle de rire. Critique : On aura tout vu au Groland : des mamies surexcitées sniffer de la coke avec un chippendale, un pigeon arborant de mini-implants mammaires, une « tartapulte » imaginée par José Bové pour entarter le patronat… Et ça fait vingt-cinq ans que ça dure ! « C’est fou comme le temps ne passe pas vite », ironise Pierre Bellemare. Ce soir, l’inoxydable conteur moustachu retrace en vingt-cinq histoires extraordinaires la folle épopée de la présipauté. Tout a commencé en 1993 : « Benoît Delépine a mis sa petite graine dans le ventre de Moustic et un jour, Moustic a fait un gros caca. C’était Groland. » Un quart de siècle plus tard, l’émission culte de Canal+ continue de résister à la sinistrose en passant la sphère politico-médiatique au bazooka. Cette utopie punk fédère tous ceux qui ne rentrent pas dans les clous du système et préfèrent en rigoler qu’en pleurer. Vieux, freaks, rebelles, gros, rêveurs, moches, alcooliques, humanistes… Au fil d’un hilarant zapping, Moustic, Michael Kael ou Gustave Kervern ressuscitent le mythe dans une débauche d’anecdotes régressives. Les piliers de Groland ont certes vieilli, mais sont restés au stade anal. Bêtes et méchants. Le paradis des transgressions survivra-t-il à la disparition tragique de son président, Christophe Salengro, le 30 mars ? Il le faut ! Sorte de pendant crétin de Sur la télévision, de Pierre Bourdieu, cette émission de salut public a « redonné le pouvoir au petit peuple ». L’air de rien, capable de tout.