L'état sauvage

Canal+
28/01/21 ~ 09:43 - 11:39

1861, pendant la gurre de Sécession. Une famille de colons français installée dans le Missouri se sent étrangère au conflit qui ne va pas manquer de la rattraper. Edmond, Madeleine, et leurs filles Esther, Justine et Abigaëlle doivent quitter leur belle demeure pour sauver leur vie. Ensemble, ils se lancent dans un long et dangereux périple afin d'atteindre un port où un bateau les ramènera en France. Pour assurer leur sécurité, ils ont engagés Victor, un mercenaire au passé trouble. Sa vie aventureuse va remonter à la surface à travers Bettie, une femme mystérieuse qui se met à suivre le convoi... - Critique : C’est l’itinéraire sanglant, en pleine guerre de Sécession, d’une famille de colons français installée dans le Missouri et poussée à la fuite par l’arrivée des nordistes. Le père disparaissant rapidement, ne restent, pour ce voyage, que la mère, ses trois filles et leur bonne noire, guidées par un ambigu mercenaire. L’ambition formelle du réalisateur (français) est frappante, comme ses multiples influences, contemporaines : L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, d’Andrew Dominik, et True Grit, des frères Coen. Les séquences où une troupe de tueurs, cavaliers de l’Apocalypse aux masques de tissu évoquant le Ku Klux Klan, sort de la brume, s’imposent ainsi en étonnantes visions, à la limite du fantastique. D’autres, hélas, comme le passage d’un chariot au bord d’un ravin, virent au ridicule… L’« état sauvage » est d’abord celui de la jeune et vierge Esther (Alice Isaaz, magnifique), aux prises avec toutes les violences et avec son attirance irrésistible pour le mercenaire. Là encore, la romance avec ce viril personnage évoque un ressort de scénario quelque peu forcé. Dommage, car David Perrault sait magnifier la sororité armée face à la sauvagerie des hommes et des éléments, et cette demoiselle en dentelle qui s’émancipe fièrement dans l’adversité.
 
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