Les oubliés de la victoire

France 3
L'odyssée des soldats d'Orient
16/11/18 ~ 03:05 - 03:55

Automne 1918 : on se bat en France mais aussi à l'Est, dans les Balkans, où les Alliés ont groupé leurs forces dans l'Armée d'Orient pour affronter l'Allemagne et ses alliés. C'est là, dans les montagnes de Macédoine, que cette armée va remporter une victoire décisive qui va hâter la fin de la guerre. Mais, loin de rentrer au pays, ces soldats d'Orient vont poursuivre les combats en Europe orientale, en Turquie et même en Russie jusqu'en 1923, dans l’attente de la signature des traités de paix censés acter la décomposition des empires austro-hongrois, russe et ottoman et stabiliser la région. Entièrement composé d'archives, en grande partie inédites, le film dévoile un pan inconnu de la Première Guerre mondiale. Critique : Qui se souvient des soldats d’Orient, ces hommes qui, en 1918, ont remporté dans les montagnes de Macédoine une victoire décisive qui a précipité la fin de la guerre ? Ils furent pourtant quatre cent mille à se battre. A ces hommes, plongés dans le chaos d’une région déchirée, furent rendus peu d’honneurs. En France, ce front d’Orient paraissait bien lointain. Georges Clemenceau lui-même s’en désintéressait ; « il a tort. Ce n’est que par ici qu’on peut terminer la guerre », écrivit le général Franchet d’Espèrey, relégué sur ce front estimé secondaire pour avoir échoué sur le Chemin des Dames. En s’appuyant sur les correspondan­ces et les carnets de deux simples soldats, de deux sous-officiers et de leur chef Franchet d’Espèrey, ce doc, remarquablement mis en forme et en musique, fait vivre en images leurs écrits, tandis que la belle voix de Loïc Corbery raconte l’odyssée de ces oubliés de la Grande Guerre. « Ces gros messieurs […] organisent des fêtes à tout casser. Ils ne pensent pas à ceux qui se font casser la gueule », écrit le jeune soldat René Fouassier, qui sera bientôt emporté par la maladie.
 
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