Lendemain de fête

Arte
13/04/18 ~ 20:55 - 22:40

A l'issue d'une soirée organisée dans son appartement en l'absence de sa compagne, le jeune banquier Karsten se retrouve en tête à tête avec la charmante Anna, restée après le départ des autres convives. Alors que les deux quasi-inconnus, en état d'ébriété, s'apprêtent à tomber dans les bras l'un de l'autre, la jeune femme fait un grave malaise. Affolé, Karsten se précipite à la clinique voisine mais y trouve porte close. De retour chez lui, il découvre Anna gisant au sol, sans vie. La vie du jeune homme bascule. Il apprend bientôt qu'aucun des invités ne connaissait la jeune femme dont la présence à la soirée semble inexplicable. De témoin malheureux, Karsten devient alors suspect aux yeux de ses proches... Critique : En 2013, avec La Révélation d’Ela (confidentiellement sorti en salles), Asli Ozge décrivait la lente désagrégation d’un couple au sein de la bourgeoisie turque. Ce drame en sourdine se jouait dans une maison hyper moderne aux larges baies vitrées, où la femme et l’homme semblaient vivre chacun de leur côté, comme en autarcie. Le sens du cadrage presque photographique, comparable à celui de son compatriote Nuri Bilge Ceylan (Winter Sleep), se retrouve dans son troisième long métrage de cinéma, inédit en France. Lendemain de fête repose sur un argument de polar séduisant : une jeune femme meurt subitement après une soirée arrosée chez un banquier (Sebastian Hülk, tout en ambiguïté). Suicide, non-assistance à personne en danger ou meurtre ? Le procès qui s’ensuit révèle à la fois l’hypocrisie de l’entourage familial, du cercle d’amis et du milieu professionnel. L’unité de lieu est ici abandonnée au profit d’une multiplicité de décors (intérieurs étriqués, horizon bouché par les montagnes), qui accentuent la solitude des protagonistes et donnent l’impression de se refermer comme autant de pièges sur le héros. Mais la cinéaste passe trop rapidement d’un espace à l’autre et se disperse avec un récit un peu brouillon, où se mêlent, de manière désordonnée, mélodrame intime, lutte des classes et dénonciation d’une certaine phallocratie allemande. La critique aurait sans doute été plus efficace en s’attardant davantage sur les personnages féminins.