Le joli mai

Arte
06/05/18 ~ 23:30 - 01:50

Formidable promenade documentaire dans le Paris de 1962 et au cœur de la société française du début des années 60. Une rareté précieuse, à ne pas manquer. Critique : Quel temps fait-il à Paris, au printemps 1962 ? Un peu frais pour la saison. Les accords d'Evian marquent la fin de la guerre d'Algérie. Au cinéma, on joue L'Année dernière à Marienbad et Cléo de 5 à 7. Au fil des rencontres, le film de Chris Marker et de Pierre Lhomme bruisse de tous les sujets, des plus légers aux plus graves. On parle de politique et d'amour, de bonheur, de misère et de progrès. Six ans avant un mois de mai plus fameux, les réalisateurs arpentent les rues de la capitale, en quête de rencontres. Marchands, ouvriers, jeunes mariés, danseurs de twist et bougnats : les mots fusent et composent un beau portrait sociologique de la France gaullienne. Cinquante ans plus tard, ce Joli Mai, repris en salles, ouvre une fenêtre lumineuse sur une société en pleine mutation, des moeurs à la technologie, des conditions de vie au temps de travail. Comme dit l'un des témoins, un ingénieur, « nos rêves sont trop courts pour ce qui existe déjà » : les ferments d'une révolution sont donc à venir, et les blessures, ouvertes. Certaines injustices ne changent pas : ici et maintenant, les vexations subies par un travailleur immigré semblent actuelles... Le charme du film naît de cette balade en noir et blanc dans tous les décors de Paris, des plus augustes aux plus modestes. Cet itinéraire est une déclaration d'amour à la ville, que berce la voix du « guide » Yves Montand. — Cécile Mury   Joli Mai, documentaire de Chris Marker et Pierre Lhomme (1963), 2h15. En salles.