Il était une fois, Israël

France 5
23/06/18 ~ 01:40 - 02:35

Le 14 mai 2018 marque le 70e anniversaire de l'indépendance de l'Etat d'Israël, proclamée par David Ben Gourion. Serge Moati, qui entretient un rapport particulier avec le pays, va à la rencontre de femmes et d'hommes nés aux alentours de l'année 1948, contemporains, donc, de la naissance de l'Etat d'Israël. Des femmes et hommes de toutes origines, connaissant de très près l'histoire de ce pays qui est aussi «leur» histoire. Ils ont connu les espérances et les désillusions, les avancées et les reculades, les guerres aussi d'un pays au coeur de l'actualité mondiale. Leurs propos sont portés par des images d’archives illustrant les événements marquants de l'histoire d’Israël ainsi que par des sources personnelles. Critique : Il y a soixante-dix ans naissait l’Etat d’Israël. A l’occasion de cet anniversaire, Serge Moati s’est rendu à Tel-Aviv pour rencontrer des Israéliens et des Palestiniens — ayant pour certains connu les balbutiements du pays —, afin de confronter leurs « mémoires intimes et croisées ». C’est au cœur d’un café aux allures de caverne au trésor que le réalisateur reçoit ses interlocuteurs : l’actrice Gila Almagor, les écrivains Meir Shalev et Noah Klieger — survivant d’Auschwitz —, la propre cousine de Moati ou la porte-parole des colons Daniella Weiss. Entre deux images d’archives, l’omniprésent réalisateur mène des entretiens à la bonne franquette — tutoiement de rigueur —, se met en scène, joue les chefs de bande à l’occasion d’un repas « fraternel ». Sur le fond, la leçon d’histoire est élémentaire. Mais si le film — dont nous n’avons vu qu’une copie de travail — ne brasse que des événements connus, les déchirements du pays s’incarnent en expériences personnelles, en souvenirs d’enfance instructifs, parfois touchants, quoique trop fragmentés. Tsvia Walden raconte comment son père, Shimon Peres, a vécu auprès de Ben Gourion les débuts de l’Etat, l’écrivain palestinien Ibrahim Abd el Kader évoque l’expulsion de sa famille par les Israéliens. Ex-chef du Shin Bet, Carmi Gillon évoque le traumatisme de n’avoir pu empêcher l’assassinat d’Yitzhak Rabin. Leurs voix mêlées offrent un aperçu des irréductibles fractures du pays et portent un message de paix et de tolérance.