Conversation avec Romy Schneider

Arte
18/09/18 ~ 15:25 - 16:30

En décembre 1976, à Cologne, Romy Schneider accorde le temps d'une nuit une interview unique en français, la langue des confidences, à la féministe allemande Alice Schwarzer. Quarante ans après, Alice confie à Patrick Jeudy les enregistrements sonores de cette conversation et revient devant sa caméra sur cette nuit unique lors de laquelle Romy Schneider a levé le voile sur sa vie. De la petite Autrichienne de Sissi à l'icône des années 1970, ce portrait sans tabou lève le voile sur l'intimité d'une femme pleine de contradictions. Elle apparaît ici courageuse et craintive, révoltée et conformiste, surdouée et rongée par le doute. Critique : Après Trois Jours à Quiberon, d’Emily Atef (sorti en juin), fiction ­autour d’un entretien, voici encore de l’inédit sur Romy, mais sous la forme documentaire. Alice Schwarzer, féministe et journaliste ­allemande, était une amie de la comédienne, au sujet de laquelle elle avait publié un livre en 1998, qui vient d’être traduit (Romy Schneider intime, éd. L’Archipel). Toute une nuit de décembre 1976, à Cologne, Romy s’était confiée à elle. On entend ici une partie des enregistrements et les commentaires de la journaliste, qui étoffe, met en perspective. S’ajoutent quelques archives, des extraits d’autres interviews et un récit en voix off assuré par Denis Podalydès. Il est troublant d’entendre de si près Romy parler, rire, s’enflammer ou s’indigner (au bord des larmes, parfois), en allemand comme en français. C’est sur son lien avec ces deux langues, ces deux pays, que le film est le plus intéressant. Entre une mère proche de Hitler et un beau-père qui a tenté d’abuser d’elle, l’histoire familiale de celle qui a toujours cherché à faire oublier Sissi est chargée. On ressent ici ses tourments, son enthousiasme comme sa mélancolie. Elle apparaît tour à tour dominante et soumise, agressive et douce, solide et égarée.
 
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