Cessez-le-feu

Canal+
24/04/18 ~ 16:23 - 18:04

Un officier héroïque de la guerre 14-18 revient en France, après un long détour par l'Afrique. Une évocation en demi-teintes, entre hantise et contemplation, d'une famille qui tente de se reconstruire. Critique : C’est un second retour pour Georges. La première fois, il a réchappé en officier ­héroïque de l’enfer des tranchées de 14-18. Quelque temps après, il revient d’Afrique où il s’était enfui pour (s’)oublier. En France, la guerre a laissé des séquelles. Sa mère se morfond dans l’attente de son benjamin, porté disparu, tandis qu’un autre fils, Marcel, choqué, a perdu l’usage de la parole… Ce tableau d’époque de l’après-guerre illustre des états d’âme, choisit la chronique, patiente, ombrageuse, plutôt que le déroulé d’une histoire à rebondissements. Le premier long métrage d’Emmanuel Courcol se distingue, surtout, par ses correspondances, ses allers-retours ondulants entre la France et l’Afrique, où Georges a vécu en aventurier. Une Afrique à la fois édénique et fantôme (avec ses masques, ses rites), un peu rocambolesque avec son trafic à la Rimbaud, et source de contemplation. Sur la culpabi­lité des survivants, sur les réhabilitations des champs de bataille créant le malaise, le film fait mouche. Il pèche, en revanche, par le traumatisme appuyé du frère (Grégory Gadebois, en bloc de souffrance). Romain Duris, lui, continue de surprendre. Puissant et buté, il impose une présence fascinante à son personnage de revenant.
 
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