12 juillet 1998, le jour parfait

France 2
16/07/18 ~ 13:55 - 15:15

Le 12 juillet 1998, le pays entier est en bleu, uni derrière son équipe de France de football. Un moment d'histoire s'écrit. La France devient pour la première fois championne du monde. Mais surtout, les Français vivent ensemble un moment unique de bonheur et de joie. Heure par heure, vingt ans après, le documentaire replonge dans le déroulé de cette journée devenue un jalon heureux de l'histoire collective. Du scaphandrier en mission en mer de Chine qui se fabrique une antenne de fortune avec du papier aluminium, à la «petite mamie» qui a récupéré des klaxons confisqués par les CRS à l'entrée du Stade de France, en passant par cette jeune femme qui accouche pendant l'hymne national et dont le mari part de la clinique regarder la deuxième mi-temps du match chez lui, de nombreux intervenant livrent leurs souvenirs. Critique : Et vous, vous étiez où le 12 juillet 1998, quand les coups de boule (licites) de ­Zinédine Zidane permettaient aux Bleus d’Aimé­ Jacquet d’anéantir le Brésil, rapportant à la France sa première Coupe du monde de foot ? Et un, et deux, et trois ­zéro… Impossible de ne pas fouiller sa propre mémoire — mais ça revient vite — devant le doc de Valérie Amarou et Jean-Pierre Devillers, qui reconstitue cette journée historique sous la forme d’un « je me souviens » géant. Bonne idée : donner équitablement la parole à des « people » comme à des anonymes. Soit le violoniste Renaud Capuçon ou l’acteur Clovis Cornillac, mais aussi des parents dont les ­enfants sont nés ce jour-là, le gardien du Stade de France, ou cet ingénieur en mission en mer de Chine, etc. Le patchwork est inégal, certaines anecdotes faisant franchement pschitt (les vacances de François Berléand à l’île de Ré), et les auteurs ont éliminé tout ce qui pourrait fâcher : la crise d’épilepsie de ­Ronaldo, que l’on n’apprit que plus tard, ou le sentiment de revanche d’Aimé Jacquet, malmené par L’Equipe quelques ­semaines plus tôt. Mais la juxtaposition des témoignages, la plupart encore émerveillés, recrée assez fidèlement le ressenti d’alors. C’était il y a vingt ans seulement, mais c’était une autre époque, avant la ­révolution numérique, et l’une des rares occurrences d’union nationale totale, sans calcul ni préméditation. La palme de la formule à Jamel Debbouze : « Le lendemain, le 13 juillet, tous les Arabes étaient beaux. Les Bleus avaient aboli le racisme… »