Tunnel, diffusion du 25/02/21
Pris au piège d'un tunnel effondré, un homme attend désespérément que les secours viennent le sortir de là. Derrière le film catastrophe, très impressionnant, une critique sans fard de la société coréenne (du Sud), entre corruption et incompétence. - Critique : Le film de genre pour critiquer la société, telle semble être la spécialité des Coréens (du Sud), du célébré Bong Joon-ho (The Host, Parasite) au plus discret Kim Seong-hun. Après une comédie policière pluvieuse qui dissimulait à peine une violente charge contre les flics ripoux (Hard Day), il revenait avec ce film catastrophe qui en dit long sur la déliquescence des institutions du pays, dont l’ex-présidente est derrière les barreaux pour corruption. Prisonnier d’un tunnel autoroutier mal conçu et mal construit, le héros, un honnête père de famille, ne peut qu’assister, impuissant, à l’incompétence de ses compatriotes, qui tentent de lui venir en aide ou, pis, cherchent à tirer profit de l’accident. Secouristes, politiques, entreprises de travaux publics, presse : tout le monde en prend pour son grade dans ce réjouissant jeu de massacre déguisé en film à grand spectacle. Car les Coréens sont passés maîtres dans l’hybridation des genres et des registres. Même leurs blockbusters (Tunnel a fait plus de 7 millions d’entrées dans son pays) alternent l’angoisse et la romance, le drame et le grotesque — les secouristes sont des bons à rien. Avec, toujours, finalement, un regard politique et lucide sur le monde tel qu’il va. De plus en plus mal.