The Nest, diffusion du 23/02/21
Dans les années 1980, Rory, un entrepreneur très ambitieux, annonce à sa femme Allison et à leurs enfants qu'ils vont déménager à Londres. Allison, qui est américaine, a dû mal à accepter ce déracinement. Une fois en Angleterre, la jeune femme découvre le manoir où ils vont vivre et le terrain où elle pourra monter et élever des chevaux. Elle découvre surtout les vraies motivations de son mari pour ce changement de vie. De son côté, Rory va de déconvenues en déconvenues dans sa vie professionnelle. L'argent finit par manquer et le couple, en grave crise, ne cesse de se disputer... - Critique : Après un premier film très prometteur, Martha Marcy May Marlene (2011), le cinéaste Sean Durkin s’était essentiellement consacré à ses activités de producteur. Le revoici en pleine possession de son talent avec ce récit noir et hanté sur la décomposition d’une famille. Un thriller d’atmosphère qui nous transporte en Angleterre dans les années 1980. Un couple et ses enfants quittent leur banlieue américaine cossue pour s’installer dans un manoir victorien après que le père a accepté un poste au Royaume-Uni, son pays d’origine. Entrepreneur, il a de grandes ambitions professionnelles. Étrangère à ce pays où tout lui paraît guindé et impénétrable, sa femme s’accroche à sa passion pour les chevaux. Mais les obsessions chimériques de son mari empoisonnent peu à peu les moindres parcelles de la vie de famille, la rendant irrespirable. Sous le splendide glacis des images remonte alors la charogne d’un bonheur disparu, rêvé peut-être. Et l’on sent parfois comme un liquide noir nous couler dessus. La détresse des personnages est saisissante, le processus mortifère à l’œuvre, terriblement tangible. L’élégance de la mise en scène, la reconstitution ténébreuse des eighties et l’excellence des acteurs — Carrie Coon dans la peau d’une femme qui sombre et se débat, Jude Law en hâbleur flambant et pathétique — font le reste. Jusqu’à la fin, magnifiquement émouvante.