Terra, diffusion du 01/01/19

LCP
01/01/19 ~ 05:55 - 07:30

Yann Arthus-Bertrand et Michaël Pitiot, épaulés par une équipe de cinéastes animaliers du monde entier, mettent en images la formidable épopée du vivant, des premiers lichens aux gigantesques forêts, des singes de la jungle aux grands animaux mythiques de la savane. Les deux globe-trotteurs filment un monde sauvage au bord de l'extinction, fragilisé par le braconnage, la domestication des espèces, ou encore l'appropriation des terres. L'homme pourra-t-il survivre, à terme, à la destruction progressive de son habitat ? Comment retrouver le respect de la vie sauvage et quelles alternatives imaginer pour une meilleure qualité de vie sur la planète ? Critique : L'homme est vilain, la nature est gentille. Belle aussi. Il serait malhonnête de ne pas saluer les petites prouesses d'optique qui ponctuent ce drôle de film écolo : lianes qui poussent en accéléré, plans macro sur les fourmis coupe-feuilles, butinage floral en slow motion, vol d'étourneaux métamorphosé en toile abstraite... Le problème, c'est qu'il faut toujours que l'homme ajoute son grain de sel et sagouine le travail (c'est plus fort que lui). Ainsi Yann Arthus-Bertrand parasite-t-il ses propres images, y greffant des grandes orgues et une voix off alignant des considérations renversantes (« La bactérie, c'est la vie », « La forêt amazonienne est un miracle de la nature »). On comprend vaguement qu'il s'agit d'une ode au vivant et à la biodiversité, un appel à admirer les espèces les plus singulières, mais l'ensemble souffre, comme souvent chez le réalisateur de Home ou Human, de sa grandiloquence un peu mystique. D'autant que le montage saute ici du coq à l'âne — ou plutôt de l'iguane marin au colibri à queue verte — dans l'espoir de résumer toute l'histoire du vivant, depuis la bactérie jusqu'aux hommes qui gravitent dans les buildings de Manhattan (en dénonçant au passage l'élevage intensif). Contemplatif et fourre-tout. — Erwan Desplanques