Shrill, diffusion du 14/05/20
Saison:1 - Episode:3 - Annie n'a pas l'intention de se laisser intimider par le «troll» qui pollue ses pages Internet avec des messages désobligeants. Au contraire, elle est bien décidée à fêter la publication de son premier article qui a déjà enregistré près de 10 000 vues. Elle invite donc son petit ami, Ryan, à l'accompagner à une soirée pour le travail dans le but d'officialiser leur union... - Critique : Annie, la trentaine, assistante dans un petit journal, rêve d’écrire des articles. Elle aspire aussi à une vraie relation avec son plan cul, Ryan, un ado attardé et rustre. Annie est pétillante, intelligente, pleine d’humour, mais elle met ses prétentions en sourdine. En surpoids depuis l’enfance, elle a intégré les discours culpabilisants de la société et de sa mère… Inspirée par le best-seller autobiographique de l’activiste américaine Lindy West, Shrill est une comédie positive et sensible. La douceur de ses couleurs et de sa bande-son font écho au jeu suave d’Aidy Bryant (de l’équipe du Saturday night live), qui fait d’Annie une héroïne attachante. Tout en légèreté, ses prises de conscience et de confiance distillent une foule de messages militants. Le premier épisode s’attaque ainsi à la doxa grossophobe qui voudrait qu’un mince réside en chaque gros, ou dénonce encore l’inadaptation de certaines contraceptions aux femmes en surpoids… Contrairement à la plupart des fictions qui s’emparent de ce sujet, Annie n’est pas la seule ronde au casting — Fran, sa rayonnante meilleure amie et coloc, l’est aussi, et cela fait franchement du bien. L’épisode 4, qui met en scène une fête pour femmes grosses au bord d’une piscine, recèle un tableau « body positive » jubilatoire. Bémol de cette première saison, sa brièveté, qui force une éclosion bien trop rapide d’Annie, parfois artificielle. On espère que la saison 2 à venir aura encore plus de chair et d’épaisseur. Les séries fraîches et piquantes sur les rondes sont si rares…