Neverland, diffusion du 29/07/20
Le futur auteur de Peter Pan, se prend d'amitié pour une veuve et ses enfants. Ce film sur la magie de l'imaginaire est d'abord et paradoxalement une réussite dramatique… - Critique : | Genre : élixir de jouvence. Peter Pan a souvent inspiré le cinéma américain. Marc Forster remonte à la genèse de l'oeuvre et à la vie de son créateur, l'écrivain londonien James Matthew Barrie, qui, bien avant son héros, refusa aussi de grandir. Johnny Depp est convaincant dans le rôle, entre rigidité aristocratique et délires enfantins. Etranger au monde des adultes, Barrie cultive sa part d'enfance et, pour le spectateur, se confond avec sa créature en gestation. Ce qui importe à cet éternel gamin, c'est de rendre au petit Peter son enfance envolée le jour où son père est mort. Barrie n'aura de cesse de lui apprendre le pouvoir des mots et de l'imagination. Il invente Neverland, le Pays de nulle part, ultime refuge onirique pour les enfants perdus. Et c'est là que le bât blesse : le pays imaginaire n'est qu'un chromo en carton-pâte avec elfes en collants verdâtres... Marc Forster réussit davantage les scènes dramatiques : celles où son héros est pris en défaut, où ses chimères butent contre le regard grave d'un enfant qui n'y croit plus. Car ce récit sur le pouvoir de l'imagination est d'abord un film tragique, à l'image de l'impossible Peter Pan. — Anne Dessuant