Ma soeur, diffusion du 09/07/20
Helene, athée, mariée à Theo et mère de Maja, ne comprend pas la foi de sa grande soeur Martha, qui est entrée dans les ordres. De querelles en paroles amères, leur relation s'effiloche inexorablement, jusqu'à l'accident qui coûtera la vie à Maja et à Theo. Quand Helene se réveille à l'hôpital et apprend l'impensable, elle n'éprouve pas de chagrin. Le verdict est sans appel : amnésie rétrograde. Martha décide alors de prendre les choses en main, quitte à interférer avec les dernières volontés de Theo. La religieuse tient à ce que sa nièce soit enterrée selon les rites de l'Eglise catholique. Il revient alors à Helene de prendre une décision au sujet d'une famille dont elle ne se souvient pas. Peut-elle s’en remettre entièrement à sa soeur ?... - Critique : Elles sont sacrément fâchées, ces deux sœurs. Car l’une, Martha, est entrée dans les ordres, et l’autre, Hélène, sort de ses gonds quand elle entend parler de religion. Au cœur de leur dispute, il y a la petite Maja, une presque ado qui aime sa maman Hélène mais aussi beaucoup sa tata Martha, et n’a rien contre le fait de prier. Et puis la petite Maja meurt, dans un accident qui laisse sa mère amnésique. Et sœur Martha perdue dans un monde que Dieu semble avoir abandonné… Croire ou ne pas croire, la fâcherie initiale devient interrogation existentielle douloureuse dans ce film étonnant qui commence comme une comédie assez grinçante et garde un ton vif même dans la tragédie. Les dialogues sont même d’un humour vache, ultime défense face à la vacherie de la vie. Cette approche jamais conventionnelle aide à guider la réflexion qui, pour s’attaquer à un sujet aussi difficile que l’existence de Dieu, a besoin de sortir des sentiers battus. L’habileté du réalisateur devient, dans la dernière partie, une vraie sensibilité, avec des scènes qui ouvrent les personnages au mystère de la foi et à celui du passage du temps et de la vie. Une paix spirituelle en découle, qui semble alors une belle victoire.