Le festin de Babette, diffusion du 08/07/20
Babette fait ses adieux à une communauté pieuse du Danemark, dont elle a été la cuisinière. Un joli conte sur les plaisirs de la vie, éphémères et mémorables comme un festin. - Critique : Un conte de Karen Blixen fournit le savoureux scénario de ce film, qui connut une carrière étonnante. En 1871, une Française chassée par la Commune a trouvé refuge au Danemark, dans un village très pieux. Au bout de quatorze ans, Babette s’apprête à quitter la famille qui l’a accueillie, et prépare un étonnant festin… Il y aura douze personnes à table, autant que d’apôtres. Et la cuisinière offre avec ce repas la part la plus belle de son histoire : « Prenez, ceci est ma vie », semble dire Babette… La symbolique religieuse rencontre ici celle de la chair fraîche : les mets, diablement sophistiqués, ont le goût de toutes les tentations. C’est soupe de tortue contre cantiques, nourritures terrestres contre nourritures spirituelles. Mais le duel se joue dans la douceur et la nostalgie rassemblant les personnages, qui ont tous le regret d’un amour qu’ils ont laissé passer. Le festin rappelle alors que les bonheurs éphémères, qui font tant souffrir, peuvent aussi être des miracles. Le Danois Gabriel Axel a mis en scène cette histoire avec un fin plaisir et il a trouvé, surtout, l’interprète inattendue, idéale : Stéphane Audran, mystérieuse et modeste, compose une inoubliable Babette.