Le casse, diffusion du 20/12/20
Le scénario est inspiré de David Goodis mais Verneuil, habituellement doué pour les polars bien carrés, n'a pas la frite. On suit la course de son voleur et du flic malsain qui lui colle aux basques en bâillant gentiment. Le seul qui casse la routine, c'est Omar Sharif, ambigu à souhait. - Critique : A l’époque, Henri Verneuil était le Français qui travaillait à l’américaine, bourrant ses polars de scènes d’action spectaculaires. Mais ce Casse-là évoque davantage le giallo italien (Diabolik, de Mario Bava) que Bullitt : la transposition à Athènes du roman de David Goodis (déjà adapté par Paul Wendkos) offre un jeu du chat et de la souris entre le braqueur (Jean-Paul Belmondo, qui ne quittera jamais son look col roulé/blouson à col de fourrure, alors que tout le monde arpente la ville en chemise) et le flic (Omar Sharif, dont le charme fait vraiment merveille). Verneuil se contrefiche du scénario, juxtapose des morceaux de bravoure : un casse « électronique » par le biais d’une ahurissante valise-ordinateur qui fabrique des clés de coffre-fort et une poursuite sans queue ni tête. S’y ajoute, et ce n’est pas le moins savoureux, un regard racoleur sur les mœurs de l’époque : après avoir giflé Nicole Calfan, c’est comme ça qu’il parle aux femmes, Belmondo drague Dyan Cannon, réalisant un numéro lesbien dans un improbable cabaret athénien. Et voilà notre Bébel multipliant les mimiques ahuries devant les audaces de ces dames… C’est souvent ridicule, mais aussi très rigolo : richesse graphique, fausse modernité, kitsch involontaire, comme la scène où Sharif décrit les plats typiques de la gastronomie grecque. Bon dénouement sadique dans un silo à grains, et toujours la musique entêtante (ici un peu facile) d’Ennio Morricone.