La reine Margot, diffusion du 09/11/20
Entre la Saint-Barthélemy et la mort de Charles IX, deux ans de la vie de Marguerite de Valois. Un opéra des passions, sanglant et flamboyant. - Critique : Août 1572. Catherine de Médicis, mère de Charles IX, marie sa fille Marguerite de Valois, catholique, à Henri de Navarre, protestant, afin de réconcilier les Français, déchirés par les guerres de Religion. Six jours après le mariage, c’est la nuit de la Saint-Barthélemy… Adjani se tient immobile, hiératique, glaciale, le visage de marbre posé sur sa collerette comme sur un billot. Trois heures plus tard, le couperet est tombé. Pas sur la tête de Margot, mais sur celle de son amant, qui repose sur les genoux de la jeune reine… Ce n’est pas vraiment du Dumas. Ce n’est peut-être pas non plus de l’histoire. Mais, assurément, c’est du Chéreau. Du grand Chéreau, qui prend toujours parti pour les fous ou les folles. Margot ne peut échapper à la malédiction familiale : mi-duègne, mi-Nosferatu, Catherine de Médicis (Virna Lisi, Prix d’interprétation à Cannes) règne sur une famille de morts-vivants. La mise en scène est à l’image de cette famille : violemment baroque, traversée de ruptures et de fulgurances. L’hystérie incessante peut lasser, mais la morale de l’histoire ne laissera jamais indifférent : aujourd’hui comme hier, les guerres dites « civiles » sont le fait de haines fratricides…