La poursuite impitoyable, diffusion du 24/09/20
Un évadé déchaîne les haines dans une petite ville texane. Le shérif tente de le protéger… Peinture au vitriol de la violence de l'Amérique post-Kennedy. - Critique : L’ambiance est moite et tendue, comme dans un bon vieux Tennessee Williams. L’action se déroule en 1965, mais on est en plein western classique : le shérif est seul contre tous. Ce qui met le feu aux poudres en ce samedi soir alcoolisé ? L’annonce de l’évasion d’un enfant du pays, qui cristallise les haines parce qu’il est libre et rebelle. L’esprit des années 1960 souffle sur la ville et les tensions sexuelles sont aussi palpables que le racisme, la bêtise et la soif de sang. Arthur Penn se délecte de ce bout d’Amérique perdu avec ses Texans lâches ou agressifs, parfois les deux à la fois. Une chasse à l’homme bestiale et hystérique tord les visages et les corps. Dont celui de Brando, défiguré par les coups lors d’un passage à tabac insoutenable. La longue scène finale, entre orgie et apocalypse, ne laisse aucune place à l’espoir. Ce beau film tragique annonce deux autres chefs-d’œuvre d’Arthur Penn, empreints aussi de bruit et de fureur : Bonnie and Clyde et Little Big Man. Le Nouvel Hollywood est en marche…