La nouvelle guerre des boutons, diffusion du 24/02/21

Canal+
24/02/21 ~ 08:18 - 09:55

Deuxième adaptation de Louis Pergaud, après celle de Yann Samuell. Ici, le roman est transposé dans la période de l'Occupation, repeinte aux couleurs mièvres des bons sentiments et de la fierté nationale mal placée. Navrant. - Critique : | Genre : Le cinéma de papa fait de la résistance. Overdose de terroir — authentique comme une soupe en boîte —, de mômes en culottes courtes, de fierté nationale mal placée. Sur le front des entrées, à sa sortie en salles, cette version a gagné la guerre contre une autre adaptation, signée Yann Samuell, sortie presque en même temps. Mais elle remporte aussi la palme de la reconstitution en toc. Si son concurrent transpose l'action du roman potache de Louis Pergaud dans des années 1960 bon enfant, Christophe Barratier a choisi de la placer, au forceps, pendant l'Occupation. Son village est exemplaire, peuplé de héros discrets et bons comme le pain. Il s'intéresse moins aux ­bagarres des gamins (artificielles) qu'à ce retour à un cinéma d'après-guerre, qui glorifiait une France unanimement résistante. Il nous refait Le Père tranquille, de René Clément, en plus mielleux. Il y a bien un ­vilain milicien, chargé d'incarner à lui tout seul l'ignominie vichyste, et une jolie fillette pour figurer la persécution des Juifs. Mais c'est subtil comme à Guignol, et aussi déplacé qu'un Obersturmführer dans une cour de récré. Barratier a définitivement perdu la « seconde » guerre. — Cécile Mury