La chute de l'Empire américain, diffusion du 18/05/20

Canal+
18/05/20 ~ 22:40 - 00:36

Pierre-Paul Daoust, obligé de travailler pour un compagnie de livraison, malgré son doctorat en philosophie, n’hésite pas à partager à qui veut l'entendre sa vision cynique du monde où l’argent est roi. Un jour, il assiste au braquage d'une banque. Les bandits s’enfuient en laissant derrière eux deux sacs remplis de billets de banque. Jouant le tout pour le tout, il s’empare du butin. Mais il ne sait que faire de l'argent. Il prend conseil auprès de Sylvain Girard, un ex-taulard qui connaît tous les rouages de la criminalité, quelle soit d'Etat ou des mafieux. Pierre-Paul Daoust rencontre également sur sa route une mystérieuse escort-girl... - Critique : Après Le Déclin de l’empire américain (1986) et Les Invasions barbares (2003), Denys Arcand clôt sa trilogie avec un réjouissant film d’arnaque, dans le fond comme dans la forme, qui ne cesse de muter — comédie sentimentale, polar, satire politique ? La scène d’ouverture, hilarante, montre un couple en pleine rupture. À sa petite amie, consternée, Pierre-Paul, 36 ans et un doctorat en philosophie, explique que l’intelligence est un handicap pour réussir — il est chauffeur-­livreur. « Les vraies gens intelligents ne passent pas à la télé, dit-il, et ne votent pas Trump… » Au fil d’un scénario à tiroirs apparaîtront ainsi un ex-taulard qui a pris des cours de droit sur l’évasion fiscale, un truand en col blanc et quelques compar­ses, pour former une sympathique association de malfaiteurs. Si le Québécois ne fait pas de quartier dans ce pamphlet ironique sur le ton du « tous pourris », il fait aussi naître l’émotion, grâce à la reconversion de la prostituée, ou par la figure d’un SDF muet de reconnaissance devant la générosité d’autrui… La dérision envers l’Amérique se niche jusque dans l’esthétique du film, à travers, par moments, une image de luxueuse série télé. En revanche, c’est avec un naturalisme brutal que le cinéaste insère des plans sur les sans-abri de Montréal, Inuits ou Indiens du Canada, couchés sur les trottoirs…