Jaurès, naissance d'un géant, diffusion du 03/08/20

LCP
03/08/20 ~ 06:30 - 08:00

Le 16 août 1892 à Carmaux, 2000 mineurs se révoltent parce que l'un des leurs, Jean-Baptiste Calvignac, élu maire socialiste de la ville, a été licencié par le propriétaire de la Compagnie des Mines, le marquis de Solages. Jean Jaurès initie là son combat dans le monde sans pitié de la politique... - Critique : A peine le film commencé, Jaurès-Torreton déboule dans le champ, hirsute et révolté, et s'interpose entre mineurs en grève et troupes à cheval. On découvre ainsi le Jaurès des débuts, en 1892, quand, ex-député républicain et universitaire revenu dans son Tarn d'origine, il épouse la cause des grévistes de Carmaux. Une image plutôt rare dans une filmographie elle-même peu fournie pour un si grand homme : un docu-fiction avec Pierre Santini en 1977, un téléfilm avec Bernard Fresson en 1980, des documentaires erratiques... Présence physique, puissance de conviction, chaleur de la voix (sans le grain rocailleux), Philippe Torreton incarne littéralement celui qui allait devenir un grand tribun. Habilement ourdi, le film tisse scènes intimes et scènes publiques, et révèle les ­facettes contradictoires de l'homme socialiste jusqu'au coeur de sa vie privée. Mais la matière du film est ailleurs, dans le cheminement intellectuel qui mena Jean Jaurès du confort des notables à l'inconfort des révoltés. Pourquoi, alors, une telle scène finale, un peu grandiloquente et pas vraiment juste, sur la si belle chanson de Brel (Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?), même pas interprétée par son auteur ? — Emmanuelle Bouchez