Girl, diffusion du 03/02/21

Arte
03/02/21 ~ 20:55 - 22:40

Lara, jeune danseuse de 15 ans née garçon, est prête à tout pour devenir fille et ballerine professionnelle. Lara est belle comme le jour, chevelure d’ondine, yeux bleu azur, lèvres ourlées, son visage d’ange et a un courage et une détermination sans limites. Elle a déménagé en terres flamandes avec son père et son petit frère de 6 ans. Elle doit subir un traitement hormonal très strict, en attendant le moment de l'opération de changement de sexe. Son corps se transforme trop lentement à son goût. Alors elle plie son corps, cache son pénis à grand renfort de scotch, travaille ses pointes sous le regard d’une professeur autoritaire et intransigeante... - Critique : Lara est d’emblée singulière par son extrême jeunesse (15 ans), sa beauté angélique, son rêve de devenir danseuse étoile, sa détermination, la discipline qu’elle impose à son corps. Et par le soutien de sa famille mono­parentale : son père fait tout pour que son enfant, né garçon, devienne la jeune fille qu’elle se sait être. Le réalisateur flamand Lukas Dhont s’inspire d’une jeune ballerine à laquelle il voulait consacrer un documentaire. Tous les détails de cette vie-là alimentent donc le portrait de Lara, entre la chambre, lieu du face-à-face avec le miroir, et l’école de danse bruxelloise. Il y a aussi le cabinet médical, où se décident les traitements hormonaux et où l’on discute d’une éventuelle intervention chirurgicale, mais plus tard, insiste le médecin, beaucoup plus tard… Derrière la chronique harmonieuse (pas de conflit majeur), réaliste, tout un écheveau d’inquiétudes et de souffrances affleure subtilement, au détour d’une image : si Lara se blesse autant à l’entraînement, la formation à la danse n’est-elle pas un substitut de la transformation tant espérée ? Girl défend une vision très physique de l’identité sexuelle — qui n’est pas celle de tous les trans. Pour Lara l’impérieuse, tout passe par l’école de la chair. Voilà pourquoi la performance excep­tionnelle de Victor Polster, danseur qui avait l’âge du rôle, est si décisive. Tout le temps à l’image, aussi exposé que laconique, il offre son corps au film. Mais aussi un visage qui a tout d’une page blanche.