Deepwater, diffusion du 26/01/21

W9
26/01/21 ~ 21:05 - 22:50

Remarquable film catastrophe, humaniste et hyperréaliste sur l’explosion d’une plateforme pétrolière en avril 2010. Peter Berg décrit l’emballement d’une machine infernale, allégorie fulgurante d’un capitalisme qui marche sur la tête. - Critique : En avril 2010, la plateforme pétrolière Deepwater Horizon explose dans le golfe du Mexique : onze morts, une vingtaine de blessés et 800 millions de litres d’hydrocarbures en mer. Après Du sang et des larmes (2013), où il dénonçait les ratés de l’armée américaine en Afghanistan, Peter Berg s’empare à nouveau de l’histoire récente de son pays. Cette catastrophe, il la raconte à partir d’un article du New York Times et en résume, pour les profanes, les enjeux techniques dans une scène d’ouverture pédagogique, bricolée avec une canette de Coca, une paille métallique et du miel… Ce qui intéresse le cinéaste n’est pas la destruction à tout-va, mais les ravages sur l’humain. Sa fibre sociale, héritée du cinéma des années 1970, force l’admiration. Il décrit d’abord, dans un style hyperréaliste, une bureaucratie kafkaïenne, puis l’emballement d’une machine infernale. Il fustige l’orgueil de décideurs assis sur un volcan qui choisiront toujours le profit avant la sécurité. À l’instar du train de Snowpiercer, de Bong Joon-ho (2013), la plateforme devient une allégorie fulgurante d’un capitalisme qui marche sur la tête.