D'après une histoire vraie, diffusion du 08/02/19

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08/02/19 ~ 01:45 - 03:25

Delphine, romancière, a connu le succès avec un roman intime consacré à sa mère. Depuis, épuisée par les polémiques suscitées par son oeuvre, l'écrivaine est en panne d'inspiration. Au cours d'une séance de dédicaces, elle fait la connaissance d'une jeune femme qui semble parfaitement la comprendre. Delphine la croise en d'autres occasions, et la jeune femme, admiratrice de son oeuvre, s'installe peu à peu dans sa vie et sait bientôt se rendre parfaitement indispensable. Mais, elle prend de plus en plus de place dans l'existence de Delphine et commence à prendre des décisions à sa place... Critique : | Genre : best-seller adapté. Les avis sont partagés   Pour 2T Il est des histoires où le danger se dissimule et d’autres où il s’exhibe. Dans cette adaptation du roman de Delphine de Vigan, chacun — sauf l’héroïne, bien sûr — comprend en une seconde ce qui va arriver. Donc, entre la prédatrice perverse aux lèvres rouges (Eva Green) et la romancière masochiste à l’air chiffonné (Emmanuelle Seigner), une lutte à mort s’engage sans qu’on en saisisse vraiment le sens. Ni le but. Mais l’important, ici, n’est pas le « pourquoi » mais le « comment ». Les détails de l’enchaînement fatal qui les pousse l’une vers l’autre. Roman Polanski filme son huis clos psychanalytique avec une impassibilité totale. Et une ironie qui éclate à la fin, avec le succès triomphal du nouveau livre de la romancière, qu’elle nie pourtant avoir écrit. Mais si ce n’est elle, alors qui ? — Pierre Murat   Contre ???On n'aime pas A la suite de ses imitateurs (comme, ­récemment, Darren Aronofsky avec ­Mother !), c’est au tour de Polanski de ­livrer une caricature de film de Polanski, où tout est lourd, outrancier, grimaçant. Eva Green et Emmanuelle Seigner ne jouent pas dans le même film. La première a le champ libre, compte tenu de la nature possiblement chimérique de son personnage. La seconde est piégée par l’ancrage de son rôle dans le milieu ­médiatico-littéraire parisien, dont la ­représentation est grotesque. Il faut voir, par exemple, Vincent Perez platement transformé en clone de François Busnel, animateur de l’émission La grande librairie et compagnon de l’héroïne… Comme c’est une histoire d’écrivain, on ne peut que regretter les mystères et la virtuosité de The Ghost Writer, dernier grand film de Polanski. — Louis Guichard