Ava Gardner, diffusion du 07/04/19
Etait-ce pour fuir son mariage houleux avec Frank Sinatra ou la surmédiatisation qui l'étouffait, était-ce parce qu'elle était tombée amoureuse d'un autre homme, comme elle l'écrivit dans ses mémoires ? Il y a sans doute un peu de tout cela dans le départ d'Ava Gardner, qui, au sommet de sa gloire, quitte Hollywood pour s'installer en Espagne en 1955, à 32 ans, en pleine dictature franquiste. Tissé d'images d'archives, d'extraits de films et de ses mémoires, d'interventions de biographes et de critiques, le film explore avant tout les fragilités de la femme derrière l'actrice. Critique : En 1951, la carrière d’Ava Gardner décolle grâce à Pandora (1) , film fondateur du mythe. C’est pendant ce tournage qu’elle découvre l’Espagne franquiste et décidera de s’y installer… « Par quel mystère un enfer de répression peut-il devenir aux yeux d’une femme moderne un bien drôle de paradis ? Suicide ou provocation ? » Questions que le doc laisse en suspens, louvoyant sans cesse entre la tentation d’accabler l’actrice (« Ava vit comme une princesse dans ce pays qui crève de faim ») et l’envie de lui trouver des excuses, en allant chercher du côté d’une enfance brisée, par exemple… Mais le commentaire, très emphatique, la voix d’Anna Mouglalis qui surjoue le côté garce d’Ava Gardner et les images floues qui dramatisent inutilement sa décadence ne lui accordent finalement pas beaucoup de circonstances atténuantes. C’est quand il s’arrête sur les enjeux politiques entre l’Espagne et les Etats-Unis, « entre glamour hollywoodien et stratégie économique internationale », que le film parvient à nous happer. (1) Diffusé à 20h50