Au revoir là-haut, diffusion du 04/10/20

France 2
04/10/20 ~ 20:05 - 22:05

Albert Maillard et Edouard Péricourt, deux vétérans de la Grande Guerre, se retrouvent désemparés après l’armistice. C'est la misère et le chômage pour l’un, le trauma et la douleur des gueules cassées pour l’autre. Le prolo intrépide Albert et l’aristo défiguré Edouard sont liés à jamais (le second a perdu son visage en sauvant le premier).Ensemble, ils décident d'arnaquer les patriotes d'opérette en prétendant vendre des monuments aux morts dessinés par Edouard. Celui tente de dépasser son infirmité via des prothèses de sa fabrication. De son côté, l’ex-capitaine Pradelle, veut se faire de l'argent, avec l’aval de l’état, sur le commerce de cercueils vides censés contenir les dépouilles de soldats disparus rendues à leurs familles... - Critique : Les grandes lignes du très touffu prix Goncourt 2013 sont condensées dans un récit qui file à la vitesse d’une balle. Un vrai roman-feuilleton, avec ses héros brisés, son salaud que l’on adore haïr et ses personnages secondaires très typés… Juste avant l’armistice de la Première Guerre mondiale, deux poilus sont blessés lors d’une dernière offensive inutile. Albert, modeste comptable, s’en sort avec des égratignures. Édouard, fils rebelle de bonne famille, est, lui, défiguré. Le premier fait croire à la mort du second et organise avec lui une arnaque aux monuments aux morts… L’anarchiste Dupontel s’en donne à cœur joie. Sa virulence politique est indissociable, comme toujours, d’une profonde tendresse pour les marginaux. Le cinéaste aime le burlesque mais n’a pas peur du mélo : il réussit à rendre très émouvantes des scènes qui, sur le papier, avaient tout pour être ridicules. La couleur sépia, une certaine tendance au pittoresque dans l’évocation du Paris populaire font parfois redouter un excès de joliesse. Mais Albert Dupontel parvient toujours à équilibrer l’eau de rose et le vitriol. Avec, en prime, de formidables trouvailles visuelles…