Adieu Berthe ou l'enterrement de mémé, diffusion du 06/09/20
Il faut imaginer le personnage de Versailles, rive gauche devenu pharmacien, et valser entre sa femme, sa maîtresse et le choix du cercueil de mémé... Une comédie burlesque et profonde. - Critique : Adieu Berthe appartient à la lignée de films où les deux frères Podalydès (Bruno derrière la caméra, Denis devant) semblent fusionner pour donner un personnage qui est à la fois l’un et l’autre, tout en étant une fiction à part entière, un roman à lui tout seul. Il s’appelle cette fois Armand, tient avec sa femme (Isabelle Candelier) une pharmacie, et élève un fils ado avec elle. Mais, à quelques minutes de trottinette électrique, il joue aussi au papa avec la fille de sa maîtresse (Valérie Lemercier). Le film jongle de façon imprévisible avec les registres comiques : les éléments de vaudeville, séparation comprise, sont traités par un humour verbal délicat, tandis que la mort de Berthe provoque une avalanche burlesque — et beaucoup de propositions futuristes en matière d’obsèques. Mais, entre tours de magie et gags mortuaires, Bruno Podalydès regarde en face les équations insolubles d’une existence et réussit à faire passer par le rire un grand désarroi, presque un doute métaphysique. Car de quel deuil s’agit-il ? Celui de la vieille parente défunte ou bien d’un temps de la vie, d’un bonheur familial et conjugal resté nécessaire mais devenu insuffisant ?