120 battements par minute, diffusion du 30/11/20

France 3
30/11/20 ~ 21:05 - 23:25

Au début des années 1990, le jeune Nathan assiste pour la première fois à une réunion de l'association Act Up Paris, qui fait de la prévention et lutte pour les droits des séropositifs. Au cours de cette réunion pleine de disputes et de tensions, il découvre des militants hétéroclites mais très motivés par leur combat. Devenu adhérent, il apprend son mode de fonctionnement, ses prises de parole codées et s'y investit de plus en plus, participant à des groupes de réflexion, mais aussi à des interventions percutantes dans des laboratoires pharmaceutiques. Peu à peu, il se rapproche de Sean, un séropositif aux idées radicales. - Critique : Grand Prix à Cannes et César du meilleur film français, 120 Battements par minute retrace les premières années de l’association Act Up-Paris, au début des années 1990, et restitue la rage de vivre de militants dévoués corps et âme. Certains sont déjà malades du sida, d’autres séronégatifs. Aux AG du soir, il y a des homos et des hétéros, des femmes et des hommes, la mère d’un hémophile contaminé… Le sentiment d’urgence n’empêche pas un humour cinglant et des inimitiés assumées. Avec ce percutant théâtre de la parole, Robin Campillo (Eastern Boys) réussit d’emblée sur un terrain réputé aride : la discussion politique filmée. Thibault (Antoine Reinartz), président du mouvement, exaspère Sean (Nahuel Pérez Biscayart), séropositif comme lui, mais profondément révolté, et de plus en plus fragilisé par la maladie. Nathan, arrivé depuis peu dans l’association, épargné par le virus, attire Thibault mais s’éprend de Sean… En marge des actions spectaculaires d’Act Up éclot ainsi une histoire d’amour condamnée, et la fresque documentée y gagne une extrême intensité romanesque. Robin Campillo sait ralentir le rythme, éterniser les premières étreintes, tout en gardant le fil de l’engagement collectif. Au plus fort de la tragédie, le ton du film stupéfie encore. Car la fidélité à celui qui ne voulait pas mourir consiste à revivre et aimer aussitôt, sans délai de décence, ni aucun scrupule, bien au contraire. En recevant son prix à Cannes, le cinéaste l’a d’ailleurs dédié non pas seulement aux morts de cette époque, mais aussi à tous ceux qui ont survécu. Suivi d’un débat animé par Carole Gaessler, sur le thème : 30 ans de lutte contre le VIH. Avec Didier Lestrade, Françoise Barré-Sinoussi, Morgane, Camille Genton et Anne Simon.