Zombillénium

Canal+
18/11/18 ~ 08:45 - 10:00

Lucie, une petite-fille, veut absolument passer une journée à Zombillénium, un parc d'attractions peuplé par des monstres (officiellement ce sont des humains déguisés en créatures). Hector, son père, promet mollement de l'y emmener. En tant que contrôleur des normes de sécurité, il se rend sur les lieux qui juge d'emblée dangereux. Parce que celui-ci a découvert la vraie nature de ses employés, Francis, le Vampire et directeur du Parc, doit mordre Hector pour préserver leur secret. Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector a le blues et pourrait bien devenir la nouvelle attraction phare de Zombillénium... Critique : Bienvenue dans un parc d’attractions construit sur une ancienne mine et peuplé de vrais monstres en tout genre — ce que les visiteurs ignorent. En adaptant, avec Alexis Ducord, sa propre BD, Arthur de Pins reste fidèle à son univers graphique et à son sous-texte social (la lutte des classes). Mais il développe un nouveau thème qui touche juste : le ridicule ­effrayant de certaines modes vendues au consommateur par des capitalistes bien plus inhumains que des zombies. Le patron à l’ancienne du parc reçoit l’injonction d’inventer « de la peur qui ne fait pas peur » et, en conséquence, de mettre à la casse les monstres au profit des vampires sexy et prétentieux qui scintillent, façon Twilight. D’où la meilleure scène, et la plus politique : mis à la retraite de force par les actionnaires, le directeur paternaliste descend dignement aux ­Enfers, tandis que tous ses employés, solidaires, entonnent une version rock des Corons, de Pierre Bachelet… Histoire d’agglomérer plusieurs tomes de BD, Arthur de Pins et Alexis Ducord ont créé un héros pour le film : Hector, un papa pas sympa et très attaché à son travail. Il devra attendre de ressembler à Hellboy pour se rapprocher de sa petite fille, et pour trouver un nouvel amour en la personne d’une sorcière avec skate en guise de balai. Si ce canevas est un peu léger, il propose une sacrée vision de la famille recomposée : le père est un diable à cornes, et la belle-mère sorcière vient chercher l’enfant à l’école. Un schéma rock pour un divertissement plein de bruit, de courses-poursuites et de blagues tendres sur la beauté des laids.
 
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