Zaatari : survivre en camp de réfugiés

Arte
25/07/18 ~ 00:15 - 01:45

Le camp de Zaatari, ouvert en 2012 dans le désert jordanien, accueille 80000 réfugiés syriens. Dans ce labyrinthe de conteneurs, chacun tente de poursuivre une vie à peu près normale. Mohammad, un peintre renommé qui habitait Homs avant la guerre, décore les façades des préfabriqués. A bord de sa charrette, Moubarak sillonne les différents quartiers pour vendre ses marchandises. Mader, lui, cultive le jardin qu'il a aménagé grâce à ses économies. Quelque 3000 magasins bordent l'artère principale de Zaatari. Cette ville parallèle est confronté à deux difficultés majeures : l'approvisionnement en eau et la formation des jeunes. Critique : Depuis le début de la guerre, en 2011, des millions de Syriens ont quitté leur pays pour fuir la répression du régime de Bachar el-Assad et les affrontements. Au fil du temps, plus de 80 000 personnes ont afflué à Zaatari, campement créé, en 2012, dans le nord désertique de la Jordanie. La zone d’accueil provisoire est rapidement devenue le plus vaste camp de réfugiés du Moyen-Orient. Une semi-ville permanente dotée d’écoles, de commerces, et forte d’une population équivalente à celle de La Rochelle. Difficile, à première vue, de raconter le périple des réfugiés et leur vie extrêmement précaire dans les camps sans sombrer dans le larmoyant. Paschoal Samora y réussit, qui nous emmène à la rencontre de Mohammad, Moubarak ou encore Fatima. Préférant le portrait et l’instantané de vie, pour révéler l’ampleur d’un combat quotidien contre l’insécurité et l’oubli. Car, pour ces déracinés qui aspirent à une vie paisible, se pose la question de la destruction du cercle familial et matériel, et également celle, moins flagrante mais tout aussi douloureuse, de la perte mémorielle. Comment transmettre sa culture à ses enfants alors que des générations entières naissent dans les camps ? Il se dégage de ce documentaire une grande force, une admiration intacte pour la capacité de résilience des hommes, qui inlassablement s’adaptent, s’organisent, s’autorisent de nouveau à rêver. Quand cuisiner, jardiner, emmener les enfants à l’école devient une victoire contre la cruauté du monde.