Woman at War

Arte
08/07/20 ~ 19:55 - 21:35

Islande, de nos jours. Halla, 49 ans, est une écologiste convaincue. Elle veut éviter que sa belle île, convoitée par les cupides entreprises multinationales comme le leader mondial de l’aluminium, Rio Tinto, soit défugurée. Halla entend préserver ce trésor naturel en menant toute seule des actions de sabotage de grande ampleur. Elle s'en prend par exemple aux lignes à haute tension pour que l'usine ne soit plus alimentée en électricité. Surnommée « La Femme des montagnes » par les médias, elle mise au pied du mur : elle doit soit continuer son combat politico-écologique ou alors mener à son terme une procédure d’adoption d'un bébé ukrainien… - Critique : Contre une usine d’aluminium qui pollue et enlaidit son Islande adorée, elle part en guerre, un arc à la main… Et, après avoir dézingué des lignes à haute tension, elle change de tenue et réapparaît en professeur de chant ! Le point d’exclamation s’impose pour décrire Woman at war, incroyable film qui tient de la comédie comme de la fable philosophique, d’emblée séduisant mais volontiers déroutant. En plus d’avoir deux vies, l’une très aventureuse et l’autre très sage, la guerrière Halla a en effet une sœur jumelle, Asa, avec qui on la confond forcément car elle est interprétée par la même actrice, la stupéfiante Halldóra Geirharðsdóttir. Le réalisateur Benedikt Erlingsson fait tout pour étonner le spectateur. Avec une liberté de rebelle, il multiplie les idées excentriques (comme cet orchestre qu’on voit régulièrement jouer la musique du film au beau milieu du plan) dans un divertissement généreux, rassembleur. Un mélange à l’image de Halla, activiste radicale côté pile et amusante Fantômette côté face. Si elle semble parfois un peu irréelle, comme une version décalée du superhéros chargé de sauvé la planète, elle apparaît très physique dans une scène impressionnante qui la montre creusant la terre et plongeant dans l’eau glacée, pour échapper à la police. Et si le discours sur l’écologie semble un temps dépassé par la fantaisie omniprésente, il revient en force dans la scène finale, sur fond de changement climatique. Cette manière à la fois très réfléchie et très joueuse de faire du cinéma a un charme fou.
 
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