Wajma, une fiancée afghane

Arte
13/10/18 ~ 02:15 - 03:35

Dans les rues défoncées de Kaboul, l'idylle entre Wajma et un jeune serveur tourne au cauchemar lorsqu'elle tombe enceinte. Le deuxième long métrage de Barmak Akram est un puissant plaidoyer contre les violences faites aux femmes, sans manichéisme. Critique : | Genre : féministe. Né en Afghanistan, vivant à Paris, Barmak Akram signe son second long métrage de fiction, après L’Enfant de Kaboul, en 2008. Wajma, plaidoyer contre les violences fai­tes aux femmes, se déroule en deux temps. C’est, d’abord, une histoire d’amour clandestine entre une future étudiante et un serveur, à Kaboul. Dans les rues enneigées et défoncées, les amants manifestent leur désir par de petits gestes pudiques, d’une grande sensualité. La seconde partie débute par une révélation, qui fait l’effet d’une bombe : Wajma est enceinte. Le film se mue alors en drame familial et se joue dans un appartement, dont l’architecture reflète bien la distance entre les êtres : chacun habite sa propre pièce, séparée des autres par une cour intérieure. Là, on assiste à une scène terrifiante et grotesque à la fois (Kafka n’est pas loin) : le père, ivre de colère, chan­celant sur le verglas, poursuit sa fille avec une ceinture. Le cinéaste ne le filme pas seulement comme un coupable, mais comme l’une des nombreuses victimes des traditions archaïques et de la pression sociale. C’est le regard des autres qui l’a transformé en bourreau.