Victor Hugo, un siècle en révolutions

France 5
17/11/18 ~ 02:05 - 03:00

A la veille de la révolution de 1848, Victor Hugo est au faîte de sa gloire. Chef de file des romantiques, il est élu membre de l'Académie française puis nommé pair de France sous la Restauration. Quand le soulèvement éclate, l'écrivain ne le comprend pas et appelle à la Régence. Il interrompt le manuscrit des «Misères», qui deviendront «Les Misérables», pour se lancer en politique. Il est élu parmi les rangs de la droite dans la première Assemblée nationale soumise au suffrage universel. Effrayé par le désordre, il soutient la candidature de Louis-Napoléon à la première présidence de la République française. Mais au fil des lois, de plus en plus réactionnaires, Hugo glisse à gauche jusqu'à devenir un des leaders de l'opposition au coup d'Etat de décembre 1851. Critique : En lançant une « semaine Victor Hugo », France Télévisions a pris soin de programmer ce portrait avant la fiction qui commence demain sur France 2 (1) , ce qui permet de réviser le sujet. Connaît-on bien l’auteur des Misérables ? Grâce aux passionnés qui le racontent ici, on le redécouvre en bourgeois courant après les honneurs comme en avant-gardiste ouvrant le xixe siècle aux combats d’aujourd’hui. Pour Jean-François Kahn, c’est le talent visionnaire du poète Hugo qui lui permit de reconnaître les enjeux de société du futur. Si, au cours de sa vie (1802-1885), il vécut trois révolutions (1830, 1848 et 1870), il en incarna lui-même une quatrième. A travers contrastes et contradictions, le destin qu’il se forgea est aussi impressionnant que l’œuvre qu’il créa, et mérite pareillement la redécouverte. Faut-il voir Les Misérables comme la profession de foi sociale d’un écrivain soucieux de défendre la cause du peuple, ou s’étonner de n’y trouver qu’un seul personnage d’ouvrier, comme le fait l’historienne Michèle Riot-Sarcey ? Le débat est lancé bien trop vite, car c’est une vie en accéléré qu’on parcourt dans ce documentaire, mais il montre comment l’image classique et sage de Victor Hugo reste, en vérité, pleine de fièvre et ne cesse d’interpeller.   (1) Victor Hugo, ennemi d’Etat, de Jean-Marc Moutout, à 21h10.
 
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