Vicky Cristina Barcelona

Arte
19/07/18 ~ 15:10 - 16:55

Le Woody Allen 2008 est aussi un traité des passions humaines à l'acuité implacable. Bref, un nouveau sommet dans la carrière du prodige new-yorkais. Critique : | Genre : marivaudage tragique. Il y a une blonde, Cristina, c’est bien Scarlett Johansson ; il y a une brune, mais, surprise, ce n’est pas Penélope Cruz. Elle, c’est pour un peu plus tard : la beaucoup moins connue Rebecca Hall fait une Vicky aussi complexe que radieuse. Avec l’âge, le cinéaste s’amuse de plus en plus à jouer du sex-appeal de ses acteurs — y compris mâles : Javier Bardem, tout en testostérone —, mais en les dotant de l’esprit, de la culture et de l’éloquence auxquels les personnages alléniens ont souvent eu droit à travers les décennies. Vicky Cristina Barcelona offre donc tous les attraits d’un délicieux marivaudage sur fond de carte postale. Mais c’est aussi, profondément, un implacable traité des passions humaines. Tous les personnages semblent appelés à devenir tôt ou tard le contraire de ce qu’ils disaient ou croyaient être. Tous sont condamnés à éprouver de l’insatisfaction, dans un désir réalisé comme dans un désir frustré. Woody Allen savoure, manifestement, ces impasses tragiques. Il sait, comme personne, faire une fête de tout ce désabusement et nous laisser, malgré les illusions perdues, sur l’ivresse de l’été.
 
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