Vétéran

Arte
19/02/21 ~ 00:45 - 02:25

Démobilisé de la Légion étrangère, Martin retourne dans sa ville natale en République tchèque, qu'il a quittée vingt ans plus tôt. Sitôt arrivé, il sauve Sebastian Kadlec des griffes de trois malfaiteurs. Reconnaissant, Sebastian l'invite dans sa villa. Martin y rencontre la soeur de son nouvel ami, Sara... - Critique : Après s’être engagé durant vingt ans dans la Légion étrangère et avoir tutoyé la mort de l’Afrique au Moyen-Orient, Martin ne s’attendait pas à trouver, de retour chez lui, en République tchèque, un champ de ruines. Sa sœur lui apprend que leur mère est décédée. Elle-même ne l’accueille que du bout des lèvres, brimée par un mari alcoolique et violent. Cachant, derrière son laconisme et sa discipline de militaire, un secret qui lui pèse ainsi qu’un désir de rédemption, Martin nourrit un objectif : ouvrir un coffee-shop, ce noir breuvage étant sa passion. Mais en sauvant, à la sortie d’un bar, la vie d’un fils de bonne famille attaqué par trois malfrats, l’ex-légionnaire va laisser l’imprévu s’immiscer dans ses plans. Adapté par Marek Epstein de sa propre pièce, librement inspirée du Martin Eden de Jack London, Vétéran remplit sa mission. Le héros, en opposant sa sincérité et son humanisme aux refoulements d’une société tchèque faussement progressiste, suscite l’identification du téléspectateur. L’intrigue, classiquement nouée, accroche à défaut de surprendre. L’irruption de l’ancien combattant dans la famille de bourgeois frustrés permet, un moment, d’envisager un scénario à la Théorème, de Pasolini. Fausse piste. Ce moderne Martin Eden, pour qui le paradis n’est pas de ce monde, n’entend pas en changer l’ordre. D’un bloc, bien que sensible et ouvert à l’amour, il n’est que renaissance ou autodestruction. À ce jeu binaire, Milan Ondrík est un Martin intense et exemplaire. Le téléfilm repose, avant tout, sur ses larges épaules.