Venise n'est pas en Italie

Canal+
14:10 - 15:40

Émile, quinze ans, est brillant à l’école mai un peu asocial. Sa famille n'est pas comme les autres : sa mère a la manie de lui teindre les cheveux en blond, son père est VRP, exubérant et en fait des tonnes, son grand frère est un dur à cuire, engagé dans l’armée. Ils vivent dans une caravane en attendant que le permis de construire de leur future maison leur soit accordé. Émile tombe amoureux de Pauline, une jeune fille issue d’une famille aisée et qui joue du violon. Elle doit se produire à la Fenice à Venise. Emile veut la voir sur scène et entraîne toute sa famille dans un voyage rocambolesque, avec la caravane accrochée à la voiture... - Critique : Après le roman, après la pièce de théâtre, Ivan Calbérac — guère inspiré depuis son premier long métrage, Irène, avec Cécile de France, en 2002 — transpose à l’écran son histoire d’amour impossible entre ­lycéens, sur fond de lutte des classes. Le héros habite une caravane avec ses ­parents pseudo-loufoques (Benoît Poelvoorde et Valérie Bonneton, dans leur zone de confort), en attendant l’hypothétique construction d’une maison. L’héroïne, fille de chef d’orchestre, vit dans une luxueuse villa. Tout ce petit monde se retrouve à Venise pour un concert. Ce road-movie poussif sur les traces de Little Miss Sunshine — le véhicule à bout de souffle — carbure volontiers à l’humour réac, quand il fait passer les produits bio ou sans gluten pour une fantaisie de la mère. Paradoxe temporel : les réseaux sociaux sont mentionnés mais le jeune homme utilise une cabine téléphonique, ce qui rend l’intrigue difficile à dater (technologiquement), et donc hors d’âge. En revanche, le dénouement convenu paraît, lui, bien dans l’ère du temps : chez Calbérac, la famille se révèle finalement très peu dysfonctionnelle, et la mise en scène, beaucoup trop fonctionnelle.
 
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