Varda par Agnès

Arte
Causerie 2
18/03/19 ~ 23:40 - 00:35

Après un préambule narrant ses débuts comme photographe, Agnès Varda fait un saut temporel et technologique pour raconter comment, à l'aube du XXIe siècle, elle a «réinventé son travail». L'arrivée des discrètes petites caméras numériques lui permet de renouer avec le documentaire et d'aborder plus facilement les personnes en situation précaire des «Glaneurs et la Glaneuse». Chemin faisant, elle se découvre une vocation d'artiste visuelle et élabore d'ingénieuses installations vidéo. Autre événement marquant, son compagnonnage avec l'artiste JR, avec qui elle réalise «Visages villages», road-movie de rencontres dans les campagnes françaises... Critique : Des cinéastes qui parlent de leur travail, on a l’habitude d’en croiser — notamment dans les pages de Télérama. Mais quand Agnès Varda se prête à l’exercice, elle le réinvente, en fait un film en forme d’invitation au voyage. Avec trois mots-clés pour guides — inspiration, création, partage —, la voilà sur les chemins qui l’ont amenée à devenir une artiste passionnée, déterminée à inventer ses images, avec un regard d’une curiosité inépuisable, dans la fiction comme dans le documentaire. Au fil des films, de La Pointe courte (1955) à Visages villages (2017), cette balade rétrospective vibre de désirs d’aventures visuelles, qui deviennent récits de vie. En parlant de mise en scène, Varda nous explique comment elle dialogue avec nous, spectateurs, ce qu’elle fait à nouveau avec un superbe talent tout au long de cet autoportrait tourné vers les autres. Les visages surgissent de partout, saisis dans les rues de Paris ou cadrés avec le raffinement d’un peintre d’un autre temps. C’est un émerveillement devant les passants comme devant la beauté née de la création, jusqu’à travers le monde de l’art contemporain où nous entraîne la seconde causerie. Un grand bonheur.
 
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