Va voir le délégué

LCP
13/12/18 ~ 20:30 - 21:30

Nathalie, Victorien, Marie-Christine, Sébastien et Olivier sont tous militants syndicaux. Ils sont salariés dans des petites entreprises ou des grands groupes du secteur public ou privé et consacrent une large part de leur temps et leur énergie à leurs mandats de délégués du personnel. Ils font part de leurs motivations, de leurs expériences et des relations entre employés et employeurs. Critique : « Râleurs, agressifs, rétrogrades », les syndicalistes ? La caricature a la peau dure, et exaspère le réalisateur Daniel Bouy, lui-même syndiqué. Son film vient désamorcer les clichés en donnant la parole à cinq délégués syndicaux d’horizons différents. Tous racontent leur engagement, convictions et valeurs chevillées au corps. Nathalie, syndiquée CFTC depuis plus de trente ans, explique avoir été discriminée par son employeur, mais ne rien regretter. La caméra capte tout l’amour qu’elle porte à son mandat de déléguée : « On le fait parce que ça nous pousse, c’est en nous. » Enfant, Marie-Christine aurait voulu devenir « bonne sœur ». Son mandat à la CGT vient combler un besoin viscéral d’aider les autres : « Ce n’est pas tout à fait ça, mais ça remplace une partie de mes rêves. » Sud-PTT, Sébastien se réfère aux grandes luttes historiques et croit dur comme fer dans le pouvoir de l’engagement. De mises à pied en blâmes, rien ne semble pouvoir le décourager de défendre les valeurs du service public. Quant à Victorien, 26 ans, il s’est engagé à la CFDT en signant son CDI à l’âge de 18 ans, et réfléchit désormais avec son union régionale à la meilleure manière d’attirer les jeunes. Agrémentés d’illustrations espiègles, ces petits portraits pleins de bonne humeur laissent entrevoir certaines évolutions du combat syndical, mais mettent surtout une bonne dose de baume au cœur, rappelant le pouvoir de la solidarité et du collectif quand l’entreprise ne cesse de nous individualiser. « Les salariés n’ont pas conscience de la force qu’ils représentent, résume Olivier, délégué FO. Au CHU d’Amiens, on est plus de cinq mille agents : avec ce rapport de force, si on voulait, on gagnerait toujours. »
 
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