Une jeunesse allemande

Arte
23:55 - 01:25

Comment des petits-bourgeois sont-ils devenus les terroristes de la bande à Baader ? Un éclairage passionnant sur la période troublée de l’après-guerre. Critique : | GENRE : LA FIÈVRE DANS LE SANG. Aucun commentaire dans ce documentaire. A nous de comprendre pourquoi, au cœur de la contestation générale des années 1960, certains jeunes Allemands sombrent dans la révolte extrême… Au départ, les membres de la Fraction Armée rouge, dite bande à Baader, sont des petits-bourgeois comme tant d’autres. Mais leurs parents ont accepté Hitler et ils ne peuvent l’oublier. Andreas Baader, Gudrun Ensslin, Ulrike Marie Meinhof et les autres rejettent donc, de toutes leurs forces, ce pays amnésique et le capitalisme qui y règne. Ce sont ces documents passionnants — interviews, bouts de films — retrouvés par Jean-Gabriel Périot qui révèlent, peu à peu, le gouffre qui séparait la jeunesse de l’époque d’une télévision au service du gouvernement et d’une presse ficelée par des financiers comme Axel Springer. Deux cinéastes planent sur ce documentaire. Au tout début, Jean-Luc Godard, toujours facétieux et perfide, se demande, dans une interview de 1965, s’il sera seulement possible pour les Allemands de tourner à nouveau des images. A la fin, Rainer Werner Fassbinder lui répond par son sketch de L’Allemagne en automne (1977), dont on revoit un extrait : dans une scène magnifique, il engueule sa mère pour ses opinions politiques et lui fait avouer sa crainte de la démocratie. Ce qu’il faudrait, dit-elle alors, c’est « un pouvoir autoritaire bon, aimable et décent ». En quelques secondes, Fassbinder prouve à Godard que l’on peut toujours faire du grand cinéma après l’horreur. Avant. Et même pendant.
 
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