Une fille facile

Canal+
21/06/20 ~ 00:33 - 02:02

Naïma, 16 ans, vit avec sa mère dans un quartier populaire de Cannes. Elle a 16 ans et se donne la saison pour choisir un métier, peut-être dans la restauration. En attendant, elle veut profiter de l'été qui commence. Sa cousine, Sofia, qui débarque sans prévenir de Paris, lui en donne l’occasion. Pour elle, tout semble facile. C’est une bimbo sculpturale qui attire tous les regards. Elle porte des produits de luxe, en offre à Naïma. Naïma et Sofia font la connaissance d’un playboy milliardaire très « cool » et d’un ami à lui. Avec eux, elles font la fête, mènent la belle vie, rendent visite en yacht à une femme très chic, installée dans une maison magnifique sur la côte italienne... - Critique : Naïma, 16 ans, vit à Cannes, loin du centre, avec sa mère, femme de chambre. Sa cousine Sofia débarque sans prévenir de ­Paris. Pour elle, tout semble facile. Elle porte des vêtements de luxe, en offre à Naïma. Avec quel argent ? Celui que des hommes très riches veulent bien lui donner. De la prostitution ? Le mot n’est pas prononcé, il n’est même sans doute jamais envisagé par Naïma, éblouie par sa cousine. Cette forme d’innocence vive, ce regard vierge font le prix du quatrième film de Rebecca Zlotowski. Récit d’apprentissage, fluide, limpide comme la mer qui l’accompagne, Une fille facile évoque des liens ambigus fondés sur le sexe et les rapports de classes, mais de manière légère, sans porter de jugement. En compagnie d’un play-boy brésilien milliardaire et d’un ami à lui, Naïma et Sofia font la fête, mènent la belle vie sur un yacht. La cinéaste restitue la vie rendue si douce et facile par l’argent, la fascination que suscite la richesse. Elle montre aussi que le pouvoir ne s’exerce pas à sens unique, avec une scène de sexe inversant les rapports de domination habituels, ou à travers un échange inattendu au sujet de Marguerite Duras. Quant à Zahia Dehar, célèbre pour ses frasques passées avec des footballeurs, la cinéaste la filme en néo-Bardot touchante, dont le corps atomique et le visage singulier sont caressés et questionnés. Elle est un symbole de liberté et un mystère, d’autant qu’elle vit là un moment charnière. Une parenthèse enchantée, où se mêlent la joie et la mélancolie.