Un vent de liberté

Arte
15/04/20 ~ 22:45 - 00:05

A Téhéran, Niloofar, 35 ans, célibataire et sans enfants, vit chez sa mère. Celle-ci est très sensible à la pollution de Téhéran et doit avoir toujours sa bouteille d'oxygène à portée de main. Alors qu'elle a un rendez-vous galant, Niloofar apprend que sa mère a fait une crise et qu'elle est hospitalisée. Sa frère et sa belle-soeur décrètent que Niloofar doit aller vivre à la campagne avec la vieille dame. la jeune femme doit tout quitter (son travail, la possibilité d'une histoire d'amour) et se plier aux exigences de sa famille. Alors qu'elle a toujours tout accepter, elle décide cette fois de se rebeller... - Critique : Sous une cloche d’air pollué, Téhéran s’affaire, comme n’importe quelle métropole. La belle Niloofar, 35 ans, y vit heureuse, en femme urbaine d’aujourd’hui. Elle veille sur sa mère, organise le travail des ouvrières de son atelier de couture, passe chez le garagiste pour faire réparer sa voiture et trouve le temps de flirter avec un homme charmant. Mais quand les médecins ordonnent à sa mère d’aller à la campagne, tout change pour Niloofar. Son frère et sa sœur décident qu’elle partira elle aussi et que son atelier sera vendu. La vie moderne n’est-elle qu’une illusion à Téhéran ? Autour de son héroïne rayonnante, le réalisateur fait tomber les masques pour révéler un horizon bien sombre. Au point que l’affront fait à Niloofar, brutalement condamnée à un destin moyenâgeux, bouscule à peine l’ordre établi. Le film prend une dimension de fable. La pollution, qui inverse les couches d’air chaud et d’air froid dans l’atmosphère, devient le signal d’alarme métaphorique d’une urgence de renversement des valeurs. Et un mur abattu dans l’atelier de couture dit le besoin, pour les femmes, de repousser les barrières. Cette critique, efficace et forte est portée par la délicatesse des interprètes de Niloofar et de sa jeune nièce, seule alliée, espoir d’une génération nouvelle et d’une (r)évolution à venir…