Un jour avec, un jour sans

Arte
30/01/19 ~ 23:25 - 01:25

Arrivé avec un jour d'avance pour une projection-débat, un cinéaste rencontre une jeune artiste peintre et flirte avec elle, avec ou sans succès ? La même histoire est racontée deux fois par le Rohmer coréen. Un nouveau tour de magie tout en subtilité. Critique : Si le Coréen Hong Sang-soo donne l’impression de refaire toujours un peu le même film, il en fait clairement ici un pari créatif : faire deux fois le même film en un seul. Voici donc, d’abord, un cinéaste qui arrive dans une ville avant une projection-débat, rencontre une jeune fille peintre, se saoule au café en sa compagnie, la suit chez des amis, tente de se rendre aimable, mais sans succès. Puis, le même cinéaste rencontre la même apprentie peintre, commente ses tableaux avec une franchise presque déplacée, se saoule, se vautre par terre chez des amis… Et en devient irrésistible pour la jeune fille. Etre sincère jusque dans nos défauts, c’est la seule façon de révéler nos qualités. La morale de la double histoire est limpide, mais le mystère n’en est pas moins grand : comment, en suivant deux fois le même chemin, a-t-on pris une autre direction ? Ici et là, un aveu ou un silence en plus ou en moins ont changé la donne, sans crier gare. Tout est dirigé, puis redirigé imperceptiblement, jusqu’à un renversement complet du tableau. Pour Hong Sang-soo, le cinéma est un tour de magie sans trucages. Qui permet de redécouvrir le monde : là où tout semblait joué, tout se rejoue. Avec cette façon d’en appeler à l’espoir, ce film subtil et ludique a aussi le pouvoir de nous émouvoir.