Un jour à Téhéran

Arte
Salon de beauté
08/07/18 ~ 07:15 - 07:45

Massoumeh a ouvert un salon de beauté dans un quartier déshérité du sud de Téhéran. L'esthéticienne de 36 ans recueille les confidences de ses clientes. Critique : Ce que retient un étranger d’un pays qu’il a visité en dit parfois autant de ses présupposés que du pays lui-même. En invitant cinq cinéastes iraniens à raconter le quotidien de leur capitale, c’est une image de Téhéran désencombrée de nos a priori et en partie insoupçonnée que nous propose cette série documentaire. Une société singulière et complexe, qui se dessine à travers le portrait d’une esthéticienne, dont les clientes se confient avec beaucoup de liberté (Salon de beauté, de Shiva Sanjari), d’un jeune couple moderne qui développe sans autorisation un petit commerce de café ambulant (Café mobile, d’Ebrahim Mokhtari), d’une assistante sociale, ancienne toxicomane et ancienne prostituée, qui secourt celles et ceux que la rue a happés (Seconde Chance, de Zohreh Soleimani), d’un maître de cérémonie qui aide au cimetière les croyants à pleurer leurs morts (Prières et pleurs, d’Esmaeel Monsef) et d’un ascète qui sert Dieu en plantant des arbres sur une montagne dominant Téhéran (L’Homme qui plantait les arbres, d’Hamid Jafari). Cinq films et cinq regards, tantôt drôles et tantôt poignants, mais tous guidés par un réel goût de la beauté, et dont on sort avec le sentiment d’avoir fait des rencontres. D’avoir entrevu quelques petites choses d’une ville où les poèmes se vendent dans les rues. D’un Iran éloigné des clichés véhiculés par les reportages d’actualités.