Trisha, profession aborigène

France O
19/02/19 ~ 09:45 - 10:35

En Australie, l'histoire des Aborigènes est souvent tronquée dans les livres et, surtout, présente essentiellement la vision du colonisateur blanc. La réalisatrice aborigène Trisha Morton-Thomas raconte sa version de l'histoire de l'Australie, cette fois à partir du point de vue des Aborigènes. Ces derniers vivaient heureux et leurs communautés prospéraient en respectant leurs vieilles coutumes. Tout bascule en 1769, quand le capitaine James Cook plante le drapeau britannique sur l'île. Si Cook est un héros pour la plupart des Australiens, il est considéré comme un voleur par les peuples autochtones. Critique : Silhouette élancée sous sa chevelure grise, Trisha Morton-Thomas a choisi le mode de l’humour pour raconter la contre-­histoire de son pays-continent et de ses premiers habitants : les Aborigènes australiens, peuple autochtone présent sur l’île depuis quatre-vingt mille ans. Ils étaient environ quatre mille à vivre dans la région de Sydney lorsque le lieutenant James Cook démarra, en 1769, sa prise de possession des deux tiers de l’Australie sur ordre du roi George III. Ses hommes y sont restés dans le but de neutraliser ces « sauvages menaçants ». « Il était une fois donc un peuple d’explorateurs, raconte la réalisatrice, qui vivait tranquillement selon ses coutumes millénaires jusqu’à l’arrivée des Blancs. » Les Français, les Chinois et les ­Espagnols ont également fait des expéditions dans le pays, mais en sont revenus. Pas les Britanniques. Délicat et utile exercice auquel s’attelle la réalisatrice en déconstruisant le mythe de la « colonisation pacifique » (telle qu’il fut enseigné dans les livres d’histoire pendant des générations aux jeunes). De la rédaction de la Constitution australienne, entrée en vigueur en janvier 1901, aux manifestations des Aborigènes en lutte pour leurs droits tout au long du xxe siècle, de saynètes drolatiques en reconstitutions, de sketchs en interviews, Trisha Morton-Thomas dresse en creux le portrait de « ce pays devenu riche grâce à l’esclavage ».