Transit

Arte
04/12/20 ~ 01:25 - 03:00

De nos jours, Georg, un jeune allemand opposé à la dictature fasciste, est chargé par un ami de remettre deux lettres à un de leurs compatriote écrivain, Weidel. La première est une lettre de son épouse, qui lui demande de la rejoindre à Marseille, en zone libre. La seconde est une lettre du Consulat du Mexique, qui accepte sa demande d’asile. Mais Georg arrive trop tard. L'écrivain s'est suicidé. A Marseille, on lui fait comprendre qu’il ne peut rester en ville que s’il peut prouver qu’il n’est qu’en transit. Alors, il décide de se faire passer pour Weidel et obtenir un visa pour le Mexique. Il rencontre Marie, une amoureuse en quête obsessionnelle de son mari disparu... - Critique : Georg n’est d’abord qu’un errant sans identité, à peine inquiet, alors qu’autour de lui le monde s’affole. Des gens se cachent pour échapper à des forces fascinantes qui occupent Paris. Serait-ce l’année 1940 ? Plutôt une époque incertaine, qui pourrait être la nôtre. Ballotté par les événements, Georg est contraint de s’enfuir avec un ami moribond, en train, vers le sud. Il a pris l’identité d’un écrivain allemand qui s’est suicidé, dont il a récupéré un manuscrit inachevé et deux lettres. L’une est signée par son épouse, désespérée, qui l’attend à Marseille. Belle idée : c’est en lisant ces écrits que Georg devient quelqu’un, un personnage romanesque, un passeur qui va faire des rencontres décisives dans Marseille, ville de transit. L’auteur de Barbara et de Phoenix adapte librement le roman d’Anna Seghers, publié en 1944, qui retraçait la situation de réfugiés fuyant la persécution nazie et se retrouvant coincés sur le Vieux-Port, en attente d’un hypothétique visa et d’un bateau pour l’Amérique. Le style de Christian Petzold est allégorique et mystérieux. On évolue dans un temps et un lieu intermédiaires, provisoires. Mais aussi dans un monde ouvert au désir et à l’imaginaire, dépeint par la voix off d’un narrateur (Jean-Pierre Darroussin) à la fois ­clairvoyant et retenu.
 
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