Tout l'argent du monde

Canal+
15/11/18 ~ 15:30 - 17:35

Le magnat du pétrole J.P. Getty est l'homme le plus riche du monde mais c'est également un homme très avare. Quand son petit-fils préféré est kidnappé à Rome par la mafia italienne au cours de l'été 1973, il refuse de payer la rançon qui s'élève à 17 millions de dollars. En représailles, les ravisseurs coupent l'oreille coupée de celui-ci qu'ils envoient à la famille. Désespérée et voulant à tout prix libérer son fils, Gail, femme forte et déterminée, entreprend de négocier avec les malfrats. Malgré l'aide Fletcher Chace, un ancien agent de la CIA, Gail devra se livrer à un jeu de chat et la souris pour libérer son fils sans argent... Critique : Il a tout l’argent du monde et il ne donnera rien pour sauver son petit-fils, victime d’un rapt. En reconstituant cette affaire, survenue en 1973 et bien peu glorieuse pour le multimilliardaire J. Paul Getty, Ridley Scott semblait avoir trouvé l’argument idéal pour illustrer, une fois encore, sa vision pessimiste de l’huma­nité. Mais son film n’est pas si sombre, et on le regrette presque. Getty était-il un vrai salaud ? Ridley Scott se moque, en tout cas, de le juger. Ce qui l’intéresse, c’est que ce magnat du pétrole fut un collectionneur d’art passionné. Il sort ses dollars pour s’acheter une Vierge à l’Enfant, qui l’émeut plus que sa famille en ­détresse, et déclare : « Il y a une pureté dans les belles choses que je n’ai jamais trouvée chez l’être humain. » Cet esthète ne fait pas un bon personnage de thriller mais, à défaut d’efficacité, il donne au film la résonance d’une profession de foi quasi testamentaire. A travers Getty, le réalisateur de Tout l’argent du monde ne parle que de lui. C’est sans doute pourquoi il fut si attaché à effacer Kevin Spacey, qui tenait le rôle et fut remplacé, au prix d’un tour de force technique, par le très convaincant Christopher Plummer. En refusant que les déboires de Spacey, accusé d’agressions sexuelles, salissent son film, Ridley Scott a agi, en vérité, tel Getty refusant que les mésaventures de son petit-fils perturbent son monde très ordonné, dédié à la pureté de l’art. Au diable la vie et ses imperfections, seule compte la création ? Dommage, toutefois, que cette ­radicalité donne un film souvent froid et distant, ­détaché.
 
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