The House That Jack Built

Arte
05/11/20 ~ 23:40 - 02:10

Jack, tueur en série, revendique une soixantaine de meurtres. Cet assassin méthodique revient sur le sort qu'il a réservé à cinq victimes, toutes des femmes. Jack est fou, atteint de TOC, narcissique, seuls les meurtres lui permettent de se soulager. Jack se prend pour un artiste, ce que lui conteste vigoureusement Verge, un vieillard à qui il se confie. Alors que l'ultime et inévitable intervention de la police ne cesse de se rapprocher (ce qui exaspère Jack et lui met la pression) il décide - contre toute logique - de prendre de plus en plus de risques... - Critique : Les avis sont partagés Pour 2T Autour d’un héros tueur en série, The House that Jack Built est plus qu’un film de genre : il offre aussi une méditation sur le mal, en même temps qu’un autoportrait à peine déguisé. Lars von Trier a projeté beaucoup de lui dans ce double démoniaque et caricatural, Jack, esprit scientifique, intelligent mais brouillon, imprévoyant, infantile, rongé de TOC. En parallèle au récit de ses atrocités, l’hom­me converse avec une sorte de confesseur (comme il y en avait déjà un dans Nym­phomaniac) qui l’écoute, réagit parfois, réfutant ses délires et questionnant son « talent ». Car Jack cherche à élever le crime au rang des beaux-arts. De là toutes sortes de digressions savantes, religieuses, philosophiques et esthétiques, souvent passionnantes. Plus le film avance, plus le cinéaste prend de risques, et plus l’humour noir s’efface au profit d’un crescendo vraiment angoissant. S’ensuit un épilogue monumental, si impressionnant que le film y gagne l’ampleur d’un opéra. — Jacques Morice Contre On n'aime pas La savoureuse virée avec Uma Thurman laisse entrevoir ce qu’aurait pu être le film : une farce cruelle, ironique. Cette parenthèse d’humour noir refermée, Lars von Trier se transforme en vieil ado désireux de choquer le bourgeois. Histoire de donner un peu de profondeur à cette exploration d’une psyché malade, le réalisateur convoque L’En­fer, de Dante, Glenn Gould, l’architecte nazi Albert Speer, William Blake, et même ses propres œuvres pour brasser des bana­lités sur le bien, le mal, le raffinement du crime, la souffrance de l’acte créateur. Mais le second degré ne sauve pas cette démonstration boursouflée. — Hélène Marzolf