The Front Runner

Canal+
19/11/20 ~ 23:48 - 01:38

Gary Hart, un jeune et brillant sénateur, part favori pour l’investiture Démocrate de l’élection présidentielle de 1988. Ses idées progressistes et son charisme lui ouvrent une voie royale. Mais un journaliste découvre qu'il a une liaison avec la jeune Donna Rice. Lors d'une conférence de presse, celle-ci nie avoir une relation avec Hart. Le politicien, de son côté, a fait de même et affirme que la jeune femme n'est pour lui qu'une aide dévouée dans sa campagne. Des déclarations qui ne calment pas la presse. Bill Dixon, le directeur de campagne, fait bloc pour que Hart ne perde pas tout espoir de devenir un jour président des Etats-Unis... - Critique : Que se serait-il passé pour les Etats-Unis, et pour le monde en général, si Gary Hart, candidat à la primaire démocrate de 1988, n’avait pas été stoppé net dans son élan ? C’est la question sous-jacente que pose cette chronique d’un désastre médiatique, condensé nerveux et honnête des trois semaines de campagne qui ont tout changé. Nous sommes à la fin de l’ère Reagan, et les démocrates entrevoient leur chance de reconquérir le pouvoir, après huit ans de règne républicain. Dans cette course, Gary Hart est le grand favori, le « front runner ». Le sénateur du Colorado est jeune — 51 ans. Il a du charisme, de la pédagogie politique, le sens de la formule, des idées progressistes et, pour ne rien gâcher, un physique avantageux. Mais alors que l’Amérique croit avoir trouvé son nouveau Kennedy, le scandale éclate : Gary Hart est un homme à femmes. Et c’est ainsi que, pour de banales infidélités débusquées par des journalistes, l’Histoire rate un tournant. Où est la responsabilité du « quatrième pouvoir » ? Informer sur les coucheries d’un candidat, ou bien privilégier un message, des idées ? Du cas du Washington Post à celui d’une feuille de chou de Floride, Jason Reitman apporte des réponses ambiguës, presque dérangeantes. Droit dans ses bottes, sobre, un brin opaque, Hugh Jackman, loin de ses rôles de divertissement habituel, se montre crédible en politicien foudroyé, qui finit par renoncer, citant Jefferson : « Je tremble pour mon pays, quand je pense que nous pourrions finir par avoir les dirigeants que nous méritons. » La référence implicite à Donald Trump est, bien sûr, tout sauf fortuite.